"Projet : La porte de Jastres"
« Une porte s’ouvre sur l’histoire »
(Ci-après un aperçu du contenu des futurs panneaux d’information de la porte)
À Lussas, une aventure scientifique et humaine a pris corps. En redonnant vie à la porte monumentale de l’oppidum de Jastres-Nord, la commune et l'ASPJ transforment un vestige archéologique en un trait d'union entre nos ancêtres Helviens et la dynamique du territoire d'aujourd'hui.
Ce projet vise à installer la restitution de la porte de l’oppidum de Jastres-Nord au cœur du village, à créer un parcours de découverte de 13 kilomètres, en boucle, qui reliera la porte et le village à l’oppidum. Ce parcours fera découvrir 5000 ans de patrimoine naturel, culturel et archéologique de la commune, des dolmens de -3000 ans avant notre ère à nos jours. Il sera jalonné de panneaux de médiation complétés par un guide numérique accessible par smartphone. Il s’agit de rendre ce parcours informatif, ludique et pédagogique, accessible à un large public prenant en compte particulièrement les jeunes générations.
La beauté naturelle des sites et des paysages traversés permet par ailleurs de renforcer l’attrait historique et archéologique du parcours par le plaisir d’activité de plein air en famille ou sportive.
Le projet offre ainsi au site archéologique de Jastres-Nord une meilleure visibilité et attractivité ainsi qu’une garantie de conservation. Des travaux de consolidation et de préservation du site sont prévus, pour assurer la pérennité de ce témoin exceptionnel du passage de la protohistoire à l’époque romaine.
Ce projet est porté par l’Association de Sauvegarde du Plateau de Jastres (ASPJ) par délégation de la commune.
Notre ambition est triple : préserver et valoriser le patrimoine, le transmettre dans une dynamique nouvelle notamment aux jeunes générations, en faire un moteur de développement pour Lussas et sa région dans le cadre d’un apport touristique maîtrisé, respectueux de l’identité rurale et de l’environnement naturel privilégié de notre commune.
Le déploiement de la première phase de ce projet est rendu possible notamment grâce à
Une collaboration étroite entre l’ASPJ, la commune de Lussas et :
Un Comité scientifique, présidé par Maxime Excoffon et composé d'experts reconnus (Claude Lefebvre, agrégé d’histoire, docteur en histoire ancienne et archéologie, responsable des fouilles des sites de Jastres, Sonia Stocchetti, docteur en archéologie, Philippe Brunella, conservateur en chef du Patrimoine, Sophie Coste-Durieux, chargée de mission Natura 2000 Drôme/Ardèche... ) ; ce comité garantit la rigueur historique des contenus.
Des partenaires éducatifs et sociaux : l’école primaire de Lussas, le lycée Olivier de Serres d’Aubenas et le chantier d’insertion du Pradel, apportent au projet leur dimension de transmission vivante.
La mobilisation exceptionnelle des habitants de Lussas et de ses environs, de passionnés d’histoire, d’archéologie et de patrimoine qui, par leurs contributions à une campagne de financement participatif et leur soutien, ont permis l’installation de la porte au cœur du village.
Vous souhaitez participer à cette aventure ? Inscrire votre nom dans le livre d’or numérique auprès de celui des premiers bâtisseurs ?
La collecte continue pour financer l'aménagement paysager et les dispositifs de médiation de la porte (panneaux, audio-guides) :
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Les deux battants visibles sous l’abri sont une reconstitution expérimentale de la porte principale du site archéologique de Jastres-Nord (Lussas). Contemporain des conquêtes romaines, ce site majeur du sud de la Gaule est un habitat fortifié occupé aux IIᵉ et Ier siècles av. J.-C. (panneau nᵒ 3).
La porte de la fortification a été détruite par un incendie à la fin du Ier siècle av. J.-C. Les parties en bois ont donc disparu, mais plus de 160 grands clous forgés et divers éléments métalliques ont été conservés et retrouvés en place lors des fouilles archéologiques.
Cette reconstitution est le résultat d’un programme scientifique d’archéologie expérimentale conduit entre 2015 et 2025. Les progrès de la modélisation 3D ont permis des analyses approfondies qui ont livré des indices sur la forme et les dimensions de l’ouvrage. La reconstruction expérimentale, réalisée selon les techniques de l’époque, a ensuite permis de mieux comprendre l’apparence de cette porte ainsi que la manière dont elle fut fabriquée par les artisans helviens il y a plus de 2000 ans (panneau n°2).
Vestiges de l’entrée principale du rempart
Sa porte en bois a subi un incendie à la fin du Ier siècle av. J.-C. Elle était à l’origine protégée par un mur de chicane.
Photographie C. Lefebvre).
Plan technique de l’un des deux battants de la porte.
Les résultats des recherches indiquent que chaque battant mesurait environ 4 m de haut pour 15 cm d’épaisseur. La porte était probablement verrouillée par un épar − barre de bois horizontale fixée à l’arrière des vantaux et encastrée dans les murs latéraux. Mais cet élément n’a pas été représenté dans la restitution, faute d’indices suffisants.(Restitution : M. Excoffon, E. Grégoire, F. Ville).
Les clous de la porte en bois incendiée
L’étude de leur forme apporte de nombreux indices sur les techniques de fabrication des artisans helviens. Il est intéressant de comparer ces clous avec ceux reconstitués sur la porte expérimentale.
Photographie : C. Lefebvre ; modèles 3D : M. Excoffon.
La porte pivotait grâce à des gonds, renforcés par des tourillons en fer, logés en haut dans le linteau en bois et en bas dans le seuil. À la base, le gond prenait appui dans une crapaudine, une pièce métallique installée dans une cavité du seuil. Certains éléments métalliques de ce dispositif ont été retrouvés à leur emplacement d’origine au moment des fouilles.
Photographie : C. Lefebvre ; schémas : M. Excoffon.
Le travail du bois antique demeure mal connu. Pour mieux le comprendre, les étapes de fabrication de la porte de Jastres-Nord (panneau nᵒ 1) ont été testées et reconstituées, de la préparation de la matière première aux finitions. Cette démarche d’archéologie expérimentale a réuni des élèves et professeurs de l’École de production de La Giraudière (69), des archéologues de l'université Lyon 2 et des ingénieurs chercheurs de l’INSA Lyon.
La porte pivotait grâce à des gonds, renforcés par des tourillons en fer, logés en haut dans le linteau en bois et en bas dans le seuil. À la base, le gond prenait appui dans une crapaudine, une pièce métallique installée dans une cavité du seuil. Certains éléments métalliques de ce dispositif ont été retrouvés à leur emplacement d’origine au moment des fouilles
Photographie : C. Lefebvre ; schémas : M. Excoffon.
L’abondance de clous à large tête apparaît clairement en observant les battants. Soigneusement disposés en façade pour leur effet décoratif, ils sont rabattus à l’arrière, un procédé courant dans l’architecture antique. L’ensemble, épais et robuste, suggère une fonction également défensive. Selon un autre principe répandu, les battants pivotent sur des gonds engagés dans le seuil et le linteau, plutôt que sur des charnières (panneau nᵒ 1). Les charbons conservés au contact des éléments métalliques de la porte correspondent à un assemblage de bois de feuillus (orme, chêne, noyer) et de résineux (épicéa ou mélèze). L’emploi de bois résineux probablement importés des Alpes souligne l’importance stratégique et symbolique de cette entrée monumentale.
Chaque étape a été testée avec des outils conformes à ceux de l’Antiquité,par les élèves de l’École de production de La Giraudière.
Photographies : M. Excoffon
Découpe d’une pièce avec une scie de long (E. Collay et V. Maneval).
Taille d’un tenon avec une scie à refendre (E. Collay).
Creusement d’une mortaise au ciseau (V. Maneval).
Montage des pièces de bois du premier battant (N. Giraud, R. Decombe).
Production des clous à la forge (E. Boinon)
Clous forgés pour le premier battant
De nombreuses expériences ont été menées afin d’expliquer la forme particulière des clous découverts à Jastres-Nord (M. Excoffon).
Les clous ont peut-être été chauffés avant leur pose pour éviter qu’ils ne cassent ou fendent le bois.
Cette technique a été testée dans la construction d'un des deux battants (M. Excoffon).
Premiers essais de clouage à chaud par des professeurs de l’École
(E. Grégoire, R. Decombe, J. Tissot).
Les vantaux en cours de finalisation : à gauche, celui cloué à chaud, à droite, celui cloué à froid.
Coupe microscopique d’un charbon découvert sur les ferrures de la porte, ici identifié comme de l’orme
À l’extrémité d’un promontoire rocheux dominant l’Ardèche, Jastres-Nord est un habitat fortifié (oppidum) occupé aux IIᵉ et Ier siècles av. J.-C., à une époque marquée par les conquêtes romaines en Gaule. Sa position lui permettait de profiter des défenses naturelles de la falaise et de surveiller la plaine d’Aubenas et la bordure des Cévennes.
Les principaux vestiges visibles sur site correspondent au dernier état des fortifications, conservés jusqu’à 6 m de hauteur, mais au moins trois remparts se sont succédé. Au fil des reconstructions, les techniques évoluent : usage du mortier de chaux, ajout de tours d’abord pleines puis creuses en avant des murs, etc. Ces transformations reflètent les mutations culturelles des Helviens, peuple gaulois du sud de l’Ardèche s’intégrant progressivement au monde gallo-romain.
Jastres-Nord est l’habitat fortifié helvien le mieux documenté pour la période, grâce aux fouilles menées entre 1974 et 1993 à l’initiative de l’université de Nancy (54). Celles-ci ont mis en évidence, protégés par des fortifications, des quartiers d’habitation et des espaces d’activités artisanales. Les recherches archéologiques ont concerné aussi un second site fortifié (Jastres-sud) situé, cas relativement rare, à 1 km du précédent dont il est contemporain. Il était protégé par un rempart en pierre sèche long de 950 m en appui sur la falaise.
Le site de Jastres-Nord, situé au bord d’une falaise, est fortifié par un rempart aux IIe et Ier siècles av. J.-C. Celui-ci protège des quartiers mêlant habitations, commerces et artisanat, organisés par des rues.
Les tours rondes et rectangulaires visibles sur le site appartiennent au dernier état du rempart, détruit à la fin du Ier siècle av. J.-C. Cette fortification présente des tours creuses couvertes de tuiles, selon unprincipe développé dans l’architecture grecque et romaine. Elle a été édifiée en l’adossant à unefortification plus ancienne, construite dans les décennies précédant la conquête de César.
En raison de la forte dégradation des vestiges, liée à l’érosion et aux activités humaines (récupération de pierres, pastoralisme, agriculture), il est aujourd’hui difficile de reconstituer l’organisation de l’espace situé derrière les remparts. Les archéologues ont néanmoins identifié des voies de circulation et des bâtiments, dont la répartition apparaît tantôt dispersée, tantôt regroupée, comme dans le « secteur 5 »
Le « secteur 5 » correspond à une partie d’un quartier d’habitation qui bordait la voie principale de l’espace fortifié. Des maisons rectangulaires y ont été mises au jour, dont seules les bases en pierre sont conservées ; les élévations étaient le plus souvent en terre ou en pan de bois et torchis, et les toitures majoritairement en matériaux végétaux et terre, parfois en tuiles. Certaines pièces, largement ouvertes sur la rue, étaient sans doute des boutiques ou des ateliers d’artisans
Photographie : C. Lefebvre.
Pour visiter le site de Jastres-Nord, rendez-vous au parking de Jastres sur la D259, à 5 minutes de voiture (3 km) depuis la porte et le centre du village de Lussas.
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